Appui financier aux malades guéris de la Tuberculose : Franc succès de l’initiative

08.02.2010 [ Communiqué de Presse ]

Au Niger, chaque année quelque 10.000 cas de tuberculose sont notifiés par les services de santé et mis sous traitement. Le patient tuberculeux au cours de son traitement devient improductif en particulier en milieu rural et fait souvent l'objet de stigmatisation par les membres de sa propre famille. Il est confronté du même coup à la question de sa réinsertion sociale. L'on comprend dès lors la joie d'Aboubacar Malam Kourna lorsqu'il brandit son carnet de santé avec ces mots : « « Je suis totalement guéri et je me sens bien à présent. Je gagne bien ma vie, et cela m'évite de mendier. »

Grand de taille, jovial malgré les stigmates de la maladie, Aboubacar Malam Kourna est un monsieur volubile que j'ai rencontré devant l'entrée principale de l'Hôpital régional de Zinder, un matin de novembre 2009. Agé de 36 ans, il tient devant son « tablier » (1) où sont jetés pêle-mêle quelques flacons de baume de fabrication chinoise, des sachets de citrons, des noix de colas, et quelques friandises. Il est fier de raconter son « histoire » : « Ces gens là (désignant Dr Bouzou Coordonnateur régional du Programme de lutte contre la tuberculose, se trouvant à mes côtés) m'ont donné de l'argent pour que je puisse me débrouiller. Ils me l'ont donné parce que j'ai bien suivi les consignes de traitement de la tuberculose durant huit (8) mois. »

Cultivateur de son Etat, Aboubacar Kourna est guéri de la tuberculose après avoir suivi un traitement régulier à l'hôpital régional de Zinder. Il a bénéficié d'un appui financier de 65.000 cfa pour mener une activité génératrice de revenus (AGR). Suivi de près par un Comité de suivi, il s'installe à son compte aux portes de l'hôpital et retrouve une nouvelle joie de vivre. Ayant auparavant englouti toutes ses économies (selon ses médecins, il ne lésine pas sur les moyens pour s'offrir une nourriture saine), Aboubacar se sent à présent utile pour lui-même et pour la société. C'est avec fierté qu'il dit servir d'exemple aux autres malades. En effet, il accorde toute l'importance qu'il faut à son rôle de « conseiller » : « Je dis toujours aux malades de faire comme moi, parce que c'est dans leur intérêt. La tuberculose n'est pas une maladie qu'on doit cacher. »

L'appui financier offert à Aboubacar, s'inscrit dans l'initiative développée dans le cadre de la lutte contre la tuberculose au Niger Round 5 du Fonds Mondial. En effet, dans le but d'atténuer les souffrances et le poids socio-économique engendré par la tuberculose chez les patients, le Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT) avec l'appui du Fonds Mondial de lutte contre le SIDA, la Tuberculose et le Paludisme, apporte chaque année un appui financier à 500 malades guéris et ayant régulièrement suivi le traitement.

En octroyant cet appui financier, le PNLT attend également des personnes qui en sont bénéficiaires qu'ils informent leur entourage sur la tuberculose, sensibilisent et orientent les malades suspects pour un dépistage précoce, aident à localiser des cas d'abandon, aident à identifier l'apparition des cas de résistance, et encouragent les malades de leur entourage à suivre régulièrement leur traitement.

Initialement de 65 000 cfa par patient guéri, les fonds ont été revus et portés à 115.000 depuis juillet 2008. Au total 1750 malades guéris ont bénéficié de cet appui à travers les huit régions du pays. Un comité de sélection de bénéficiaires a été mis en place. Les candidatures des femmes et des jeunes sont privilégiées, le suivi régulier du traitement et des contrôles sont exigés entre autres critères.

Au niveau de la Communauté urbaine de Zinder, une vingtaine de patients tuberculeux traités avec succès ont bénéficié de ce genre d'appui. Au 14 ème trimestre de sa mise en œuvre, l'initiative a permis d'appuyer au total 1750 malades sur l'ensemble du pays depuis le lancement de l'initiative en 2008.

Trois ans après le démarrage du Programme, les résultats enregistrés sont assez significatifs, même si des efforts restent à faire. A titre illustratif, à la fin de la troisième année sur le plan national, on est à 77, 6% du taux de succès thérapeutique contre 80 % à la même période. . La cible est presque atteinte. Quant au taux de détection atteint à la troisième année au niveau national, il est de 63 % contre une prévision de 65%. A ce niveau également, la cible est quasiment atteinte pour la période considérée.

La mise en œuvre de l'initiative d'Activités Génératrices de Revenus a, semble t-il, contribué à atteindre ces résultats que l'on constate à l'échelle nationale.