368 millions US $ mobilisés pour aider le Niger à consolider son autosuffisance alimentaire, à la Conférence Internationale de Doha.
Les travaux de la Conférence Internationale sur « la Consolidation de l’Autosuffisance Alimentaire au Niger » qui se sont déroulé les 12 et 13 juin 2007 à Doha au Qatar ont pris fin à la grande satisfaction du Niger et des partenaires qui l’ont accompagné dans cet exercice, dont le PNUD.
En effet, suite à la crise alimentaire de 2005 résultant de la sécheresse et de l’invasion acridienne, et qui s’est traduite par une détérioration de la situation nutritionnelle des populations, celle des enfants en particulier, le Gouvernement du Niger a approché l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) pour la mobilisation de ses membres en faveur des populations nigériennes. Le Qatar s’est offert pour abriter cette grande rencontre qui, au-delà des questions humanitaires ou d’urgence, devait se pencher sur des solutions durables en vue de garantir l’autosuffisance et la sécurité alimentaire.
La Conférence de Doha est ainsi l’aboutissement de cette démarche qui consistait mobiliser les Etats membres de l’OCI , leurs institutions de financement et leurs sociétés civiles, pour obtenir environ 300 millions US $ en vue d’aider le Niger à mettre en oeuvre trois programmes spécifiques dans le cadre de sa politique alimentaire.
Il s’agit :
i) du renforcement du stock national de sécurité alimentaire,
ii) de la restauration de l’environnement par des travaux d’infiltration des eaux
pluviales,
et iii) de la lutte contre l’insécurité alimentaire par ledéveloppement de l’irrigation.
Dans son discours le Premier Ministre du Niger, SEM. Seyni Oumarou qui a lancé un appel afin que le Niger surmonte une "grave" crise alimentaire devant les délégués de quelque 76 pays, d'organisations internationales et régionales et d'agences caritatives. M. Seyni Oumarou a insisté sur l’approche novatrice de l’OCI dan la mobilization des Etats members et souligné l’importance de la solidarité dans un monde caractérisé par un “libéralisme débridé et une mobilization accélerée “.
Il a présenté un plan en trois points sur "le développement agricole sur 24.000 hectares, (...) une meilleure exploitation des eaux de pluie et la création immédiate d'un stock de 150.000 tonnes de denrées alimentaires (...) à utiliser en cas de crise". Le Sécrétaire Général de l’OCI, a souligné que la
solidarité avec le Niger doit placer l’homme au centre des preoccupations en matière de développement et de politiques publiques. Il a deplore le fait que le fosse entre riches et pauvres ne cesse de se creuser.
Il s’est réjouit de la collaboration du PNUD dans le cadre de la preparation de la Conférence et a souhaité que cette collaboration perdure au cours des prochaines étapes.
Parlant au nom du l’Administrateur du PNUD, M. Albéric Kakou Représentant Résident, Coordonnateur Résident au Nigéria, a exprimé le soutien de l’Organisation à la Conférence tout en se réjouissant d’avoir été associé à la préparation (voir déclaration).
La Conférence a certainement permis de mieux sensibiliser l’OCI et ses Etats memebres, Institutions et ONG aux deux dimensions conjoncturelles et structurelle de la sécurtié alimentaire au Niger où le problème est beaucoup plus complexe qu’une simple aide d’urgence alimentaire caritative qui serait essentiellement liée aux aléans climatiques et aux criquets.
La réunion de Doha a été l’occasion pour le Niger d’initier une autre façon, nouvelle et originale, d’élargir les partenaires et de mobiliser des ressources pour son développement.
Selon l’Economiste Principal du PNUD au Niger, M. Theodore Mpatswenumugabo, « Il est heureux que le PNUD ait pu être partie prenante dans ce processus, car selon toute vraissemblance, cette nouvelle forme de partenariat comme celle de Doha, a de chances de se multiplier. Il conviendrait donc que le PNUD s’y prépare en conséquence évitant ainsi une marginalisation qui résulterait de s’en tenir au seul processus traditionnel de table ronde (et de groupes consultatifs) ».
Les Objectifs de la Conférence ont été largement atteints car le montant total des contributions «directes et indirectes » indiquées se sont élevées à 368 millions US $ , soit un dépassement de 20 % par rapport à l’objectif de 300 millions US $ fixé avant la conférence.
Le PNUD est pressenti pour accompagner le Niger dans cette entreprise, du fait de sa caution morale et pour la transparence dans la gestion.
Télécharger format pdf