10 Indicateurs de Suivi et de Diagnostic de l'Education en vue de favoriser la décentralisation administrative et politique: le cas du Niger

Galy Kadir Abdelkader, Université Abdou Moumouni/ENS, Niamey, Niger

Conférence de l'Association africaine d'Evaluation, Nairobi, juin 2002

 

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Introduction

Depuis la Conférence de Jomtien en 1990 et la Conférence de Dakar en 2000, tous les Etats se sont engagés dans une politique de développement de l’éducation de base avec des nuances qui tirent leurs origines des histoires particulières des systèmes éducatifs et des pays.

A l’échelle internationale, le suivi ne peut être que comparatiste, ce qui suppose le choix d’indicateurs communs. Ces derniers doivent être simples dans leurs conceptions et ne doivent pas nécessiter un dispositif technique sophistiqué.

De plus, la plupart des pays surtout en développement se sont engagés dans des politiques de décentralisation administrative et politique. La décentralisation transfère les niveaux de décision des politiques éducatives au niveau des régions . Ces dernières devront disposer d’outils de diagnostic simples et efficaces permettant des prises de décision sérieuses et motivées.

Dans le cas du Niger, le Parlement a voté courant mai 2002 la loi de décentralisation administrative et politique qui consiste en une communalisation, la commune devenant l’entité de base de l’expression démocratique. Ceci va changer complètement le système politico-adminitratif. En effet, le Niger est divisé en huit grandes régions géographiques et politiques. A la tête de chacune des régions, on trouve un responsable (Préfet) nommé par l’Etat avec toutes les prérogatives de souveraineté. Les populations se retrouvent sans représentants locaux, étant entendu que les députés sont des députés nationaux, à l’abri de tout mandat impératif. La nouvelle carte administrative voit la création de 230 communes, dont 179 communes rurales et 51 communes urbaines. La situation antérieure comptait 21 communes dont 3 communes rurales .

Sur le plan de l’Education, la décentralisation avait consisté en la création de huit Directions régionales de l’Education qui gèrent au nom du Ministère de l’Education Nationale (devenu Ministère de l’Education de Base), et les inspections qui supervisent l’ensemble du dispositif de la scolarisation (celui de l’école formelle). L’enseignement coranique, présent au Niger depuis les 10-11ème siècles, n’est pas pris en compte.

Ici aussi, il a été constaté que les populations n’ont pas de représentation exprimant leurs besoins et attentes en matière éducative. Le système est vertical, en ce sens que toutes les décisions viennent d’en haut, et elles se caractérisent généralement par leur uniformité, laissant peu de place aux initiatives locales.

La problématique des indicateurs chère aux planificateurs de l’éducation part du principe que sans un bon système d’information sur les systèmes éducatifs, il est impossible de construire un ensemble pertinent d’indicateurs. Or, un bon système d’information coûte cher. Claude Sauvageot note que " La plupart des pays du monde ont mis en place un système d’information…. Très souvent, il n’a produit que des annuaires statistiques peu accessibles à la plupart des acteurs du système éducatif : décideurs politiques, enseignants, parents, élèves ".

Avec la décentralisation, de nouvelles responsabilités seront transférées aux échelons locaux. Les communes et les différentes instances locales seront chargées du pilotage du système éducatif, ce qui suppose le développement d’un certain nombre de compétences qui, jusqu’alors, relevaient de l’échelon central. Dorénavant, l’échelon local doit être capable aussi bien d’élaborer que de suivre des tableaux de bord, donnant la possibilité concrète aux responsables politiques locaux de prendre les décisions d’orientation et de gestion du système éducatif.

Cela ne peut se faire valablement que si des outils simples mais performants sont à la disposition aussi bien des responsables de la gestion des systèmes éducatifs que des responsables politiques à tous les niveaux, notamment au niveau le plus bas de l’échelle de décision.

Ces différentes préoccupations sont à la base de la mise au point, de la discussion et de la diffusion d’un certains nombre d’indicateurs par le GRETAF International (Groupe de Travail sur l’Education en Afrique).

L’objet de cette communication est de présenter quelques-uns de ces indicateurs réalisés par des membres de la section Gretaf-Niger et du ReNSE (Réseau nigérien de Suivi Evaluation), en s’appuyant sur le cas du Niger, en utilisant les données de la Direction des Etudes et de la Programmation du Ministère de l’Education de Base du Niger.

L’un des avantages de ce dispositif est de rendre les décisions indépendantes de la publication régulière des annuaires statistiques de l’éducation ou des recensements généraux de la population. En effet, l’expérience du Niger montre que des difficultés réelles ont empêché la publication de l’annuaire statistique sur l’éducation de 1986 à 1996, soient dix années consécutives. De même, le recensement général de la population date de 1988. En 2001, un recensement général a été effectué et, un an plus tard, les résultats mêmes provisoires ne sont pas encore disponibles.

Le principe général consiste à faire figurer sur une même image trois éléments, à savoir les données, une représentation graphique des données et un commentaire bref synthétisant une analyse, sous la forme de note, de l’ensemble données-représentation graphique afin de préparer une prise de décision.

Les outils utilisés sont des plus courants, c’est-à-dire un tableur Excel. Certaines fonctionnalités de dessin du tableur ont été mises à contribution afin de faire ressortir certains éléments jugés pertinents des représentations graphiques. En particulier, sur certains graphiques, la ligne de parité masculin /féminin, de même que la droite indiquant la tendance d’accroissement de la population, ont été tracées.

Le mode de présentation que nous allons suivre va consister à passer en revue dix indicateurs sélectionnés pour leur pertinence afin d’illustrer la démarche, en y ajoutant au besoin quelques explications. Il est bien entendu que l’objet de cette contribution n’est ni d’apprendre à réaliser les graphiques, ni à calculer les composantes des indicateurs.

Pour chacun des indicateurs on a cherché sa pertinence, sa capacité à résumer une infirmation sans la déformer, son caractère coordonné et structuré, sa précision, sa fiabilité et sa comparabilité. En effet, si à l’échelle internationale les indicateurs servent à la comparabilité, à l’échelle nationale ils doivent pouvoir servir pour jouer les mêmes rôles afin de comparer les régions pour décider de l’affectation des ressources en fonction des besoins et des objectifs.

Chacun des indicateurs ci-dessous représentés devra pouvoir permettre de :

Pour chaque cas présenté, un effort a été fait pour utiliser des séries longues. L’avantage est certain car en plus de l’effort de reconstitution des données qui a été fait, on peut analyser plus en profondeur un phénomène comme l’accroissement de la population scolarisable et de la population scolarisée.