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Revue des OMD : Obstacles & Progrès enregistrés01.06.2008 A l'issue du Sommet du Millénaire tenu en septembre 2000 à New York, le Niger a souscrit, à l'instar de la communauté internationale, aux engagements au titre des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Par cet acte, 189 pays se sont engagés à consentir des efforts plus importants dans le processus de réduction de la pauvreté, d'amélioration du service de santé et de promotion de la paix, des droits de l'homme et d'un environnement durable. Il s'agit plus spécifiquement de : (i) éliminer l'extrême pauvreté et la faim, (ii) assurer une éducation primaire pour tous, (iii) promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, (iv) réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans, (v) améliorer la santé maternelle, (vi) combattre le VIH/SIDA, le paludisme et les autres maladies, (vii) assurer un environnement durable, (viii) mettre en place un partenariat pour le développement. Chacun de ces 8 objectifs est décliné en cibles dont l'évaluation sera fournie par une série d'indicateurs. Le constat de l'évaluation réalisé à mi-parcours (2007) par les nations Unies (www.mdgs.un.org ) démontre que la réalisation des OMD en Afrique n'est pas optimale malgré des avancées majeures dans l'ensemble. En ce qui concerne le Niger, le Rapport sur les progrès vers l'atteinte des OMD réalisé en 2007 par l'Institut National de la Statistique (www.ins.ne) révèle que des progrès significatifs enregistrés par la mise en œuvre de plusieurs politiques et programmes sectoriels notamment dans les domaines de la santé, de l'éducation, des infrastructures, de l'assainissement… Cependant, il semble de toute évidence que le pays n'est pas en voie d'atteindre toutes les cibles fixées d'ici 2015. Le présent article restitue les principales conclusions de cette évaluation et dégage les perspectives qui s'offrent au pays, ainsi que les défis qui restent à relever pour inscrire le Niger dans une dynamique de réalisation des OMD. Il met également en exergue la contribution du PNUD à la poursuite de ces objectifs. Objectif 1 : Eliminer l'extrême pauvreté et la faim Deux cibles sont visées à ce niveau : (i) réduire la proportion de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté, et (ii) réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de malnutrition. La proportion de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté (400FCFA/ jour en milieu urbain et 290FCFA/jour en milieu rural, questionnaire unifié des indicateurs de base de bien être - QUIBB 2005), serait passée de 65% en 2001 à 62,2% en 2005, en prenant en compte une élasticité pauvreté/croissance de -0,93 et sous l'hypothèse de constance des inégalités. Cependant, l'amélioration de cet indicateur n'est pas suffisante pour permettre une réduction sensible de la pauvreté Au niveau de la lutte contre la malnutrition, les efforts déployés ont entrainé une baisse de 1,4 point de pourcentage en moyenne par an du nombre d'enfants souffrant d'une insuffisance pondérale de 1998 à 2006. Globalement en ce qui concerne ces deux cibles, les efforts du gouvernement et des partenaires au développement se heurtent à plusieurs contraintes qui ralenti ssent l'évolution des indicateurs. Il s'agit, entre autres, de la mauvaise allocation des ressources (éducation, eau, santé et assainissement), de la prédominance de l'agriculture de subsistance (80% de la population), de la faible capacité d'absorption des ressources, du faible pouvoir d'achat des ménages, ainsi que des mauvaises habitudes alimentaires. Les défis à relever pour lutter contre la pauvreté et la malnutrition sont de grande ampleur. Ils exigent un renforcement de la gouvernance, la réduction des inégalités (Homme/femme, riches/pauvres, ruraux/urbains), la diversification des revenus des populations, ainsi que l'amélioration de la gestion de l'aide alimentaire et de la coordination des interventions des acteurs nationaux et des partenaires au développement… Au rythme actuel, il est peu probable que le Niger réussisse à réduire de moitié la proportion de la population dont le revenu est inférieur au seuil de pauvreté et des enfants souffrant de malnutrition. Objectif 2 : Assurer une éducation primaire pour tous La cible retenue pour cet objectif consiste à assurer l'instruction primaire à tous les enfants en âge d'aller à l'école, qui est évaluée à travers le taux brut de scolarisation et le taux d'achèvement dans le primaire. Au niveau du taux brut de scolarisation global dans le primaire, on relève plus qu'un doublement sur la période 1990-2006 (de 25,4% en 1991 à 53,5% en 2006). Cependant, il est de 57% en milieu urbain et 52% en milieu rural et est plus élevé chez les garçons (63%) que chez les filles (44%). De même, l'évolution de l'achèvement du cycle primaire a été particulièrement remarquable, passant de 15% e 1990 à 26% en 2002, pour s'établir à 40% en 2006. Les contraintes liées à cet objectif sont notamment liées à la faiblesse de la qualité de l'enseignement, à la précocité du mariage, à la survenance des grossesses non désirées, à la mauvaise perception du statut social et de l'image de l'enseignant, et au travail des enfants. Les principaux défis à relever dans ce secteur sont, entre autres, la poursuite des projets de construction/rénovation des salles de classes, le recrutement d'enseignants qualifiés et en nombre suffisant, le renforcement des stratégies de scolarisation des jeunes filles, la promotion des langues nationales à l'école, la promotion de l'enseignement technique, professionnel et scientifique, et la revalorisation du statut et de l'image de l'enseignant. Objectif 3 : Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes La cible retenue est relative à l'élimination des disparités entre les sexes dans le primaire et à tous les niveaux d'enseignement. On a pu ainsi relever une amélioration continue du rapport filles/garçons dans l'enseignement primaire et le secondaire (de 55,7 en 2000 à 69% en 2006), à la faveur des efforts fournis par le gouvernement et les partenaires au développement pour promouvoir l'éducation de la jeune fille, notamment en milieu rural. Aussi, les proportions des femmes au Parlement et au Gouvernement passent respectivement de 1,2% et 17,9% en 1998 à 12,4% et 20% en 2006, à la faveur de la Loi sur les quotas adoptée en 2002. Cependant, des contraintes entravent la promotion des femmes, notamment les rigidités socioculturelles hostiles à l'éducation et l'autonomisation des femmes, la faiblesse des ressources allouées au Ministère den charge de la condition féminine, le faible niveau de scolarisation des femmes, et la faiblesse des opportunités qui leur sont offertes. Au demeurant, la promotion de l'égalité des sexes et de l'autonomisation des femmes requiert une réduction plus que graduelle des disparités filles – garçons, un changement des mentalités en faveur de la promotion du statut des femmes, une application des lois garantissant l'accès des femmes aux responsabilités économiques et politiques, un consensus autour du nouveau code de la famille, ainsi que le renforcement des capacités en matière de collecte des données sur le genre et le développement… Si la tendance actuelle se maintient, les disparités s'amenuiseront mais ne disparaîtront pas. Objectif 4 : Réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans La cible retenue pour la mesure de cet objectif est la réduction de deux tiers du taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans. Dans l'ensemble, le Niger a enregistré des progrès remarquables dans la réduction de mortalité des enfants entre 1992 et 2006. En effet, le risque de décès avant l'âge de cinq ans est passé de 318,2 pour mille en 1992 à 274 pour mille en 1998, pour s'établir à 198 pour mille en 2006. Quant au taux de mortalité infantile, il est passé de 123,1 pour mille en 1992 à 81 pour mille en 2006. Ces progrès seraient dus en partie à l'augmentation des infrastructures sanitaires issues d'un certain nombre de programmes mis en place dans ce secteur. L'atteinte de cet objectif nécessite entre autres un meilleur accès et un moindre coût des soins de santé primaire (notamment dans la zone rurale), un personnel de santé en qualité et en quantité suffisante, une meilleure allocation des ressources financières dans le secteur de la santé, de meilleures conditions de vie familiales (revenu, alimentation, hygiène, assainissement…), la généralisation de la vaccination d'une manière générale, ainsi que l'amélioration des conditions alimentaires et nutritionnelles des enfants… Si les tendances actuelles se maintiennent, le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans se fixerait aux environs de 112,7 pour mille, taux encore supérieur à l'objectif de 106,1 pour mille. L'atteinte de cet objectif est toutefois possible à condition que les efforts fournis soient renforcés. Objectif 5 : Améliorer la santé maternelle La cible retenue pour la mesure de cet objectif est la réduction de trois quarts du taux de mortalité maternelle. Le taux de mortalité maternelle au Niger est le plus élevé en Afrique avec 652 décès pour cent mille naissances vivantes entre 1979-1992 et 648 pour cent mille pour la période 1998-2006. Les disparités sont fonction des régions mais surtout du lieu de résidence ; ainsi, en milieu rural le manque de personnel médical a été la cause de 20% de décès chez les femmes en âge de procréer. Des efforts spéciaux et spécifiques doivent être mis en place en vue d'atteindre à l'horizon 2015 un taux de mortalité maternelle de 1,75 pour mille. Il s'agit notamment de la facilitation d'accès des plus pauvres aux soins de reproduction en général, d'un déploiement du personnel de santé en quantité et en qualité suffisante sur l'ensemble du territoire, d'une sensibilisation des femmes quant à l'intérêt des consultations pré et post natales, et de la réduction drastique des mariages précoces. Objectif 6 : Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et autres maladies Pour l'évaluation de cet objectif, deux cibles sont retenues à savoir (i) arrêter la propagation du VIH/SIDA et inverser la tendance actuelle, et (ii) maitriser le paludisme et inverser la tendance. Le SIDA constitue aujourd'hui une menace grave, en particulier pour les femmes et les jeunes. Le taux de prévalence est passé de 0,87 en 2002 à 0,7 en 2006 selon les résultats de l'Enquête Démographique et de Santé à Indicateurs Multiples (EDS/MICS-III). Le souhait du gouvernement et des partenaires au développement est le renforcement de la lutte contre le VIH/SIDA pour stabiliser, voire réduire la propagation. Le paludisme est la première cause de mortalité au Niger. Selon les données du Système national d'informations sanitaires (SNIS), en 2005 le paludisme est responsable d'environ 30% de décès survenus dans l'ensemble de la population et de 52% de ceux survenus au niveau des enfants de moins de 5 ans. La faible couverture sanitaire explique la prévalence du paludisme ; en particulier, 57% des ménages ne possèdent pas de moustiquaires imprégnées. Des efforts et des moyens en termes de ressources et d'infrastructures doivent être renforcés pour atteindre ces deux cibles. Objectif 7 : Assurer un développement durable Pour la mesure de cet objectif, trois cibles sont retenues : (i) intégrer les principes du développement durable dans les politiques nationales et inverser la tendance actuelle à la déperdition des ressources environnementales, (ii) réduire de moitié la proportion de la population n'ayant pas accès à l'eau potable, et (iii) faciliter l'accès à des logements décents et sûrs au plus grand nombre de ménages. On relève à ce niveau un accroissement de la proportion de la population ayant accès à l'eau potable qui passe de 43% en 2000 à 69% en 2005, grâce notamment aux efforts de dotation du pays en infrastructures hydrauliques. Cependant, les efforts à fournir pour atteindre cet objectif sont nombreux. Il s'agit, entre autres, de l'arrêt de la déforestation et de la destruction des aires protégées, la réduction des coûts de l'énergie, la réhabilitation des points modernes, la construction de logements sociaux, ainsi que l'élaboration et la mise en œuvre d'une politique d'hygiène et d'assainissement. Objectif 8 : Mettre en place un partenariat mondial pour le développement La cible relative à cet objectif consiste à s'attaquer aux besoins particuliers des pays les moins avancés. Globalement il s'agit de développer un partenariat mondial pour le développement par une aide accrue, un meilleur accès au marché et la viabilité de la dette. Au niger, l'essentiel des investissements est financé par les ressources extérieures sus forme d'emprunts et/ou de dons. En effet, l'Aide Publique au Développement finance plus de 90% des investissements publics et 35% du budget de fonctionnement. Sur ces ressources, 65% proviennent des institutions multilatérales et 35% de la coopération bilatérale. De façon générale, elles sont constituées à 40% d'aide non remboursable et à 60% d'emprunts. L'atteinte de cet objectif est confrontée à plusieurs difficultés dont l'absence d'harmonisation dans les interventions des partenaires, la faible compétitivité de l'économie nigérienne au plan régional, la forte dépendance de l'économie aux cours mondiaux pour l'uranium et la pluviométrie pour les activités agricoles. Aussi, la mise en œuvre du plan d'action national de la déclaration de parsi devra permettre d'améliorer significativement l'efficacité de l'aide. Progrès insuffisants dans l'ensemble… Au rythme actuel d'évolution des indicateurs socio-économiques, il est très peu probable que le Niger atteigne tous les objectifs fixés à l'horizon 2015. Cependant il est important de signaler que certaines cibles des OMD peuvent être atteintes si les efforts actuels sont maintenus et poursuivis. Il s'agit de l'éducation pour tous (mais il faut trouver une solution aux problèmes de langues), la réduction de la mortalité des enfants, la lutte contre le VIH/SIDA et la tuberculose et l'accès à l'eau potable. Il convient de signaler que la mise en œuvre du scénario « OMD Niger émergent » de la SDRP 2008-2012 requiert des ressources de l'ordre de 7 601 Mds FCFA soit 1 520 par an ; ce qui correspond à un triplement du niveau actuel du budget de l'Etat et de l'aide publique au développement reçue par le pays. Contribution du PNUD L'appui technique et financier du PNUD au Niger à travers la mise en œuvre du programme pays (2004-2007, prolongé jusqu'en 2008), couvre 5 domaines de coopération, à savoir la gouvernance, la lutte contre le VIH/SIDA, la lutte contre la pauvreté, l'environnement, ainsi que la prévention des crises et le relèvement. Aussi, de par sa mission, le PNUD joue un rôle en matière de conseil, de sensibilisation, de plaidoyer et de mobilisation des ressources et de partenariats pour la prise en compte des OMD dans les politiques et programmes de développement. Les actions entreprises dans ce cadre, ont trait à :
En outre, le PNUD joue un rôle d'impulsion en ce qui concerne la préparation de l'initiative accélérée pour l'atteinte des OMD pour laquelle le Niger a été retenu en janvier 2008 parmi les 10 pays pilote africains. Un Groupe de pilotage pour la réalisation des OMD en Afrique (MDG Africa Steering Group), présidé par le SG de l'ONU et comprenant les hauts responsables du système multilatéral de développement en Afrique, a été mis en place à cet effet le 14 septembre 2007. La mise en œuvre ce cette initiative devra se traduire par le passage dès 2010 à un niveau d'aide publique au développement de 85 $US par tête d'habitant, conformément aux engagements pris par le Sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement du G8 tenu à Gleneagles (Ecosse) en 2005. Au niveau des pays éligibles, il s'agira de (i) identifier les projets/programmes pour l'atteinte des OMD qui ne bénéficient pas d'un financement adéquat, (ii) identifier les programmes qui peuvent être mis en œuvre avec un financement externe/interne supplémentaire prenant en considération les contraintes de politiques et de capacités, et (ii) analyser les conséquences macroéconomiques de la mise a l'échelle des dépenses publiques. Dans le cadre de l'opérationnalisation au niveau des pays pilotes de l'Initiative accélérée pour l'atteinte des OMD en Afrique, une matrice de collecte, de consolidation et d'analyse des informations a été proposée par le groupe de travail mis en place par le SG de l'ONU pour évaluer les besoins en vue du passage à l'échelle vers l'atteinte des OMD. Il ressort des premiers travaux effectués que, pour atteindre la cible de US$ 85 par habitant en 2010 conformément aux engagements du G8 lors du Sommet de Gleneagles, l'APD pour le Niger devrait passer (en progression linéaire) respectivement de US$ 378 millions en 2007 à US$ 644 millions en 2008 (soit US$ 48 per capita en 2008), US$ 927 millions en 2009 (soit US$ 66 en 2009) et US$ 1227 millions en 2010 (correspondant à la cible de US$ 85 par tête d'habitant); soit une moyenne annuelle de US$ 794 millions (soit US$ 57 per capita ) sur la période 2007 à 2010. Les défis à relever pour mise en œuvre effective Initiative Gleneagles Nonobstant les différents efforts réalisés au Niger au cours de ces dernières années dans le cadre de l'amélioration de la gouvernance économique, la mise en œuvre de l'initiative accélérée pour l'atteinte des OMD requiert la mise en place d'un certain nombre de conditions préalables au niveau de la chaine de préparation et d'exécution budgétaire. Il s'agira notamment de :
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