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La subvention du Projet Consolidation de la Paix fait des heureux à Agadez : l’expérience d’un ex-combattant08.02.2010 [ Ex-combattant démobilisé en 1995, mécanicien et ferronnier de son Etat, Mahadi Rabiou âgé d'une quarantaine d'années est natif d'Agadez et pratique un métier qu'il a hérité de son père. Père de trois enfants, d'ethnie Touareg il pratiquait le métier tant bien que mal jusqu'au jour où il décide de quitter son pays pour des horizons plus cléments. « Pour avoir de meilleurs conditions d'existence » disait-il. Pensant faire fortune et revenir au bercail, Rabiou rencontre au contraire dans son « exil » le démon de l'aventure. La tête pleine d'idées nouvelles, il revient dans son pays, l'arme au poing pour combattre le pouvoir établi. Il fait ainsi partie de la première vague de rébellion armée qui a sévit au Niger à partir des années 1990 et a touché notamment les zones de l'Aïr et de l'Azawak, impliquant principalement les communautés Touarègues. Cette situation a entraîné dans la zone l'absence de toute perspective de développement notamment par l'appauvrissement des populations, la suspension de la quasi- totalité des projets et la réduction du rôle de l'Etat à sa seule fonction régalienne. En 1995 la paix revient au Niger suite aux Accords conclus entre le Gouvernement du Niger et les dix sept (17) Fronts et Mouvements d'autodéfense avec l'aide des pays amis. Quelques années plus tard, Rabiou bénéficie, en association avec dix (10) autres ex-combattants, d'une subvention du Projet Consolidation de la Paix dans l'Aïr et l'Azawak (PCPAA) à sa première phase. Mis en œuvre par le Gouvernement avec l'appui du PNUD et des partenaires, il vise à garantir un développement durable dans l'Aïr et l'Azawak à travers, notamment la consolidation de la paix et la promotion d'une dynamique de développement local. Entre deux séances de soudure, Mahadi Rabiou dit ne pas trop se plaindre aujourd'hui : « Nous avions mis en commun les 120.000 frs CFA que chacun de nous a perçu, pour monter cet atelier de ferronnerie. Je gagne bien ma vie et je fais profiter d'autres personnes. En effet, nous formons beaucoup de jeunes au métier et engageons certains de ceux que nous avions formés sous contrat, lorsque nous recevons de grosses commandes. Au total nous sommes une vingtaine de personnes (membres de l'association et apprentis) à bénéficier des retombées de cette ferronnerie. Actuellement, je travaille pour l'Alliance Française qui m'a demandé de reprendre l'ensemble de ses installations pour spectacle. » Interrogée, Danielle française d'un certain âge responsable de l'Alliance, confirme ses propos et se dit satisfaite du travail effectué. Rabiou ne tarit pas de détails sur ce qui a changé sa vie depuis qu'il a reçu l'appui du Projet : « Ma vie s'est transformée. J'arrive à subvenir à mes besoins et me considère comme un privilégié par rapport à ceux de mes compagnons qui n'ont pas reçu d'appui. A présent je n'aspire qu'à la paix. Je me suis rendu compte que la rébellion a fait du tort à ma région …….. » Mahadi Rabiou fait partie des 3160 ex-combattants que le projet à aidé à réinséré et qui ont pu s'organiser en 298 coopératives. Le Projet s'inscrit dans une série d'initiatives entreprises pour soutenir le Gouvernement du Niger à honorer les dispositions des accords de paix signés relatifs à la réintégration socio-économique des ex-combattants issus des ex-Fronts et mouvements d'autodéfense. Après une première phase avec un investissement de plus d'un million de dollar, soutenue par les USA, la France, la Lybie sous l'égide du PNUD, le PCPAA est actuellement dans une deuxième phase d'un budget total de 1 852 395 dollars américains, avec un éventail de partenaires élargi, dont le PNUD-Niger, le PNUD-BCPR, le PVNU/ACDI, l'USAID, la France, la Libye et bien entendu le Gouvernement du Niger. Le nombre total des membres féminin est de 156 (4,93% de l'effectif des ex-combattants pour le projet soit 136 pour la région d'Agadez). Huit des coopératives de la région d'Agadez étaient composés exclusivement par des femmes. Il faut souligner que ces dernières n'ont pas participé directement aux combats, mais ont souvent apporté un soutien logistique aux fronts et mouvements d'autodéfense. Cependant, seulement une minorité a été prise en compte lors de l'établissement des listes des ex-combattants par les ex-chefs de fronts. |
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