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Visite au Niger de M. Jan Egeland, Conseiller Spécial du SG de l'ONU10.06.2008 [ C'est exactement à 12h 30 heure locale que l'avion aux couleurs des Nations Unies, qui transportait le Conseiller Spécial du Secrétaire Général de l'ONU, M. Jan Egeland, a atterri à l'aéroport International DIORI HAMANI de Niamey. Une visite pleine de signification pour l'ensemble des pays du Sahel, car elle symbolise l'engagement des Nations Unies aux côtés de ces Etats dans leur combat pour la survie face à la problématique des changements climatiques. M. Jan Egeland a été accueilli à la passerelle par le Coordonnateur Résident, Représentant Résident du PNUD, Coordonnateur Humanitaire, Mme Khardiata LO N'DIAYE, avec qui il a eu un premier entretien en tête-à-tête. Répondant aux questions de la presse, dans le salon d'honneur, M. Jan Egeland a déclaré qu'il est en visite au Niger avec sa délégation , « parce qu'ici au niveau du Sahel, la vulnérabilité des peuples face aux changements climatiques, à la menace sur l'environnement et à la circulation des armes légères, constitue une grande préoccupation. » Il y a donc urgence à développer une stratégie durable face aux préoccupations relatives à l'impact socioéconomique des changements climatiques, à la dégradation de l'environnement ainsi qu'à la problématique de la sécurité humaine dans le Sahel. Reçu longuement en audience par le Président nigérien M. Mamadou Tandja, le Conseiller Spécial et sa délégation se sont rendus par la suite à la Maison des Nations Unies pour y rencontrer l'Equipe de Pays, les parlementaires nigériens, les responsables des structures nationales œuvrant dans l'humanitaire et la prévention des conflits, les Chefs de missions diplomatiques accréditées au Niger, les représentants des Institutions de recherche. Au cours de cette réunion, le Coordonnateur Résident du Système des Nations Unies et le Conseiller Spécial, ont pris la parole pour définir l'objet de la mission avant d'évoquer tous les contours liés aux questions environnementales et les préoccupations relatives à la sécurité humaine. L'autre aspect de cette rencontre d'échanges, est la série d'exposés sur les défis environnementaux ; la prévention des crises et conflits ; la sécurité alimentaire. Ce qui a permis des discussions fructueuses entre partenaires. L'objectif recherché est de permettre aux uns et autres d'être au même niveau d'information, afin de susciter une prise de conscience effective et un mouvement d'ensemble en faveur des pays du Sahel. A l'agenda du séjour du diplomate onusien, des visites sur les points stratégiques du fleuve Niger, affectés par les changements climatiques. Accompagnés du Ministre de l'Environnement et de la Lutte Contre la Désertification, et du Représentant Résident du PNUD, M. Egeland et sa délégation ont visité le site de récupération des terres de Bougoum et le kori de kossey, pour apprécier l'expérience nigérienne de lutte contre l'ensablement du Fleuve Niger. Cette initiative du Président de la République, lancée en 2002, a permis de traiter quelque 16.800 ha de terres. Echangeant avec les populations, le Conseiller Spécial a beaucoup apprécié l'initiative du Chef de l'Etat nigérien. Il a aussi exprimé son amertume face à l'assèchement et à l'ensablement du fleuve Niger, dont l'importance économique et écologique, constituent des atouts essentiels pour le développement de la sous région : « C'est vraiment triste de voir le Fleuve Niger sec, le Lac Tchad asséché, tout comme le Lac Faguibine au Mali. C'est un changement climatique terrible. Le monde entier et la communauté internationale doivent aider ces pays et les peuples vulnérables de leurs régions parce que c'est un désastre environnemental. Par ailleurs, je suis vraiment impressionné par ce que j'ai vu, ce que font les populations et les projets, pour sauver ce fleuve. Cela mérite d'être soutenu et appuyé.» Cette visite sur le terrain permettra sans nul doute de consolider le plaidoyer du Conseiller spécial auprès de la communauté internationale en vue d'apporter les réponses appropriées aux défis des changements climatiques. Dans la soirée, après avoir assisté à un cocktail offert par la Représentation du PNUD au Niger (au cours duquel il a rencontré plusieurs personnalités du monde du cinéma, des membres du Gouvernement et des représentants des Institutions de recherche), le Conseiller Spécial a assisté à une série de projection de films sur l'environnement. Offerte en son honneur, cette soirée entre dans le cadre de la commémoration de la Journée Mondiale de l'Environnement. Le lendemain très tôt dans la matinée, la délégation embarque pour Diffa, située à l'Extrême –Est du pays. Accueil chaleureux du Gouverneur, qui a fait un exposé (illustrations à l'appui), sur les réalisations accomplies par les populations dans le cadre du Programme Spécial du Président de la République pour combattre la désertification : retenues d'eau, récupération des terres, fixation des dunes, plantations d'arbres, l'écosystème se transforme progressivement. Notons que la région de Diffa, constitue une des zones d'intervention du Programme Cadre de Lutte contre la Pauvreté (PCLCP) et du PACURD (Projet d'Appui à la Commune Urbaine de Diffa), tous deux appuyés par le PNUD. En adressant quelques mots à la délégation, le Gouverneur de Diffa a indiqué que la région est honorée de cette visite. Il a ajouté que Diffa est très affectée par la dégradation de l'environnement, une situation qui freine son développement, tout en adressant ses remerciements à l'endroit de la Commission du Bassin du Lac Tchad (CBLT) qui déploie des efforts pour sauvegarder le Lac Tchad, source nourricière pour au moins 30.000.000 de personnes et dont la superficie de 25.000 km2 dans les années 1970, est réduite à 2000 aujourd'hui . La délégation s'est ensuite rendue à Mamouri , village situé dans l'ancien lit du lac Tchad. A ce niveau M. Igeland s'est entretenu avec les populations : « Ce village était un grand port de pêche » a expliqué le Chef de canton de Bosso. « … Mais depuis le retrait du Lac en 1973, la population n'arrive plus à s'autosuffire. … » A-t-il ajouté. A quelques kms du village, de petites embarcations ayant servi aux services de douane, ce qui témoigne du passé récent du Lac à ce niveau. Blatoungour, village de pêcheurs Boudouma, reconvertis aujourd'hui à l'agriculture. Ici également, on regrette le retrait du Lac Tchad, tout en espérant qu'il reviendra un jour. C'est très satisfait et très ému que M. Jan Egeland a terminé son séjour au Niger.
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